Cherchez d'abord le Royaume des cieux et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît (Mt 6, 33) -  www.blaisebicaba.bf

Chaque année, je prépare des thèmes pour des retraites qui ont lieu pendant les vacances à l'intention des enfants, des jeunes et des adultes. En général, dès que les retraites commencent, je me rends compte que je ne peux pas approfondir mon thème, parce que les participants ne connaissent même pas les rudiments de leur foi. Comme le dit la lettre aux Hébreux, ils sont comme des petits enfants que l'on doit nourrir avec du « lait, non de nourriture solide. Effectivement, quiconque en est encore au lait ne peut goûter la doctrine de justice, car c'est un tout petit enfant ; les parfaits, eux, ont la nourriture solide, ceux qui, par l'habitude, ont le sens moral exercé au discernement du bien et du mal » (He 9, 12-14).

Il est nécessaire que les chrétiens se rendent compte qu'ils entrent dans une nouvelle famille par la réception du sacrement de baptême.

Regardons la foi d'Abraham. Dieu l'a choisi, et à travers lui, a choisi un peuple pour se révéler au monde. Si Dieu l'a fait sortir de son pays, c'est pour qu'il n'y ait pas d'amalgame avec les dieux qu'ont adorés ses ancêtres à lui. C'est pourquoi Josué a demandé au peuple : « Choisissez aujourd'hui qui vous voulez servir, soit les dieux que servaient vos pères au-delà du Fleuve, soit les dieux des Amorites dont vous habitez maintenant le pays. Quant à moi et ma famille, nous servirons Yahvé. Le peuple répondit : Loin de nous d'abandonner Yahvé pour servir d'autres dieux ! » (Jos 24, 15-16).

Pour comprendre la foi chrétienne et l'identité du chrétien, il est nécessaire de se référer aux racines de l'histoire du salut.

Dieu a appelé Abraham et l'a envoyé en ces termes : « Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, pour le pays que je t'indiquerai » (Gn 12, 1). Abraham a obéi. C'est déjà une preuve de foi que d'obéir à quelqu'un qui vous appelle et que vous ne connaissiez même pas. Malgré son âge (75 ans), Abraham et sa femme qui était également âgée sont partis de leur pays. Ils n'avaient pas d'enfants, mais Dieu leur a promis une descendance très nombreuse. Dieu a accompli sa promesse : Isaac est né. D'Isaac, sont nés Jacob et Esaü. C'est Jacob que Dieu a choisi. Il a eu 12 fils qui ont fondé les 12 tribus d'Israël.

Dieu pouvait se révéler à Abraham en le laissant chez lui, dans sa famille, dans son pays. Mais est-ce qu'il n'y aurait pas eu d'amalgame ? C'est pourquoi Dieu l'a fait partir, il l'a mis à part, il l'a amené à un autre endroit. Et sur Abraham, il a fondé Israël et sur lui le peuple de la foi.

Dieu l'a fait pour montrer que lorsqu'on quitte sa famille humaine pour adhérer à la foi, il y a nécessairement une rupture à faire. L’Église est une famille. Nous avons nos règles, nos commandements, nos interdits comme dans les familles humaines. C'est la foi qui régit tout, ce qui est différent des traditions. Bien sûr, dans chaque tradition, il y a des pierres d'attente, c'est-à-dire, des valeurs positives. Mais c'est l'évangile qui vient purifier toutes nos traditions. Il ne faut pas vouloir accommoder notre foi à nos cultures, mais purifier ces dernières, c'est-à-dire, les libérer de ce qui n'est pas bon, afin que nous puissions vivre notre foi.

Que ce soit clair pour tous : Jésus Christ a fondé une et une seule Église et il l'a fondé sur Pierre en lui disant : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église » (Mt 16, 18). Il a bien dit « mon Église », au singulier, et non pas « mes églises ». Après le départ de Jésus, il n'y avait qu'une seule Église, l’Église catholique. Car, « il n'y a qu'un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême ; un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, par tous et en tous » (Ep 4, 5-6).

C'est seulement en 1521 que le protestantisme a commencé [1]. C'est ce qu'on a appelé la Réforme protestante. Un moine catholique allemand Luther a quitté l’Église en remettant en cause un certains nombre d'éléments essentiels de la foi , entre autres, la dévotion à la Très Sainte Vierge Marie, la confession, l'autorité du Pape, etc. Il a prôné l'interprétation personnelle de la Bible. Tout cela a créé des difficultés et le contexte politique aidant, des princes en Europe l'ont soutenu. Ensuite, il y a eu Calvin en France, Zwingli en Suisse et bien d'autres qui ont promu le mouvement de la Réforme en Europe dès les premières heures. Plus récemment, le pentecôtisme a été créé en 1906 aux États-Unis par les pasteurs Charles Fox Parham et William Joseph Seymour. Les Assemblées de Dieu sont issues du courant pentecôtiste. Ils ont été créés en 1988 à Springfield dans le Missouri (États-Unis). Dès le départ, les protestants n'ont fait que se diviser. Aujourd'hui, n'importe qui crée sa propre église protestante comme on peut le constater dans nos quartiers.

Je dis toujours qu'il y a de bons musulmans qui cherchent vraiment Dieu de tout leur cœur, qui prient sérieusement, qui évitent de commettre le mal. « L’Église regarde [...] avec estime les musulmans, qui adorent le Dieu unique, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, qui a parlé aux hommes. Ils cherchent à se soumettre de toute leur âme aux décrets de Dieu, même s’ils sont cachés, comme s’est soumis à Dieu Abraham, auquel la foi islamique se réfère volontiers. Bien qu’ils ne reconnaissent pas Jésus comme Dieu, ils le vénèrent comme prophète ; ils honorent sa Mère virginale, Marie, et parfois même l’invoquent avec piété. De plus, ils attendent le jour du jugement, où Dieu rétribuera tous les hommes après les avoir ressuscités. Aussi ont-ils en estime la vie morale et rendent-ils un culte à Dieu, surtout par la prière, l’aumône et le jeûne » (Concile Vatican II, Déclaration sur les relations de l'église avec les religions non chrétiennes Nostra aetate, n°2).

Cette estime des personnes qui vivent sincèrement leur foi, ne doit pas empêcher de regarder ce qu'est fondamentalement leur religion. Parler de l'Islam est délicat et sensible. Cependant, je voudrais évoquer ici deux questions particulières qui me sont régulièrement posées et qui méritent une réponse : celles de savoir si nous avons le même Dieu et si Mohamed est le Paraclet que Jésus avait promis à ses disciples.

Tout le monde cherche Dieu à tâtons. Nos ancêtres aussi cherchaient Dieu en tâtonnant. Mais Dieu s'est révélé pleinement en Jésus Christ. Voyons la visite des mages à Bethléem. Les mages représentent toutes les nations. A leur arrivée, ils ont mis le genou à terre et lui ont offert l'or, symbole de la royauté, l'encens, symbole de la divinité de Jésus, et la myrrhe parce qu'ils reconnaissent en lui leur sauveur qui va mourir et ressusciter. Donc, toutes les nations ont reconnu en Jésus leur Dieu, leur Roi, leur Sauveur. En Jésus Christ, nous laissons tomber toutes nos traditions pour marcher dans la foi. Nul ne peut dire : « Je suis chrétien, mais comme je suis de la famille des masques, je dois faire tel ou tel sacrifice ». Non. Du point de vue religieux, nous avons quitté ces familles, ces masques, la forge, etc., pour être chrétien.

© 2017 Abbé Blaise Bicaba

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